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COLLECTIVITES ET DEVELOPPEMENT CULTUREL AU TOGO : ETAT DES LIEUX
Telle est la communication qu’il m’a été demandé
de présenter dans le cadre de cet atelier de formation des élus
locaux sur la décentralisation culturelle.
Pour aborbder ce thème, il serait bon que nous ayons tous la même
approche de définition des concepts collectivité, développement
et culture.
LA COLLECTIVITE TERRITOIRIALE
Nous pouvons tout simplement la définir comme étant une
personne morale de droit public dotée de l’autonomie financière.
Elle peut être régionale, préfectorale ou communale.
Elle dispose de ressources propres et s’administre librement par
des conseils (en principe) élus dans les conditions prévues
par la loi.
Je dis en principe parce que certaines circonstances peuvent amener à
la désignation de ce conseil par des décrets pris en conseil
de ministres. Dans ce cas, on parle alors de délégation
spéciale comme c’est le cas présentement. C’est
des circonstances exceptionnelles dont le délai est limité
dans le temps.
La mission des collectivités territoriales au Togo est définie
par l’article 8 de la loi 2007-011 du 13 mars 2007.
LE DEVELOPPEMENT
IL s’agit d’un concept assez particulier dont il n’existe
aucune définition figée. Elle varie selon le cadre dans
lequel il est utilisé.
Cependant nous pouvons tout simplement dire que le développement
peut être compris comme l’état de réalisation
souhaitée pour la promotion du bien-être de la personne humaine
sur tous les plans (matériel, financier, technique, social etc.)
Qu’en est-il alors de la culture ?
Ici également il s’agit d’un concept dont la définition
varie selon les circonstances.
Dans le cas d’espèce, nous adopterons celle retenue par l’UNESCO
qui la définit comme « l’ensemble des traits distinctifs,
spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent
une société ou un groupe social. Elle englobe outre les
arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être
humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances
».
Cette définition me semble-t-il nous installe directement dans
le sujet qui nous réunit ce jour.
Et telle que définie par l’UNESCO, elle prend l’homme
dans toute sa dimension et devait donc constituer une grande préoccupation
pour les collectivités qui sont le socle du développement
à la base.
Que font alors les collectivités territoriales
pour promouvoir la culture ?
Quelque soit le domaine considéré, on constate une vacuité
inquiétante, même si timidement apparaît dans le budget
de quelques collectivités une rubrique « fourre tout »
qui permet selon le bon vouloir de l’ordonnateur de faire quelques
interventions ponctuelles.
Cette rubrique selon la collectivité est appelée «
Fêtes et cérémonies locales », « Fêtes
et manifestations nationales » etc.
Nous allons donc faire l’état des lieux à partir des
constats ci-après :
Infrastructures
Equipements
Groupements artistiques
Infrastructures culturelles :
Bibliothèque
Musée
Théâtre
Constat :
Bibliothèques
En matière de bibliothèque, il en existe dans pratiquement
toutes les villes du Togo. Mais elles relèvent toutes du ministère
en charge de la culture même si certaines sont logées dans
des insfrastructures mises à disposition par les communes. Elles
n’interviennent pas au niveau de leur gestion.
Musées
Dans le domaine du musée, très peu de communes en disposent.
Là où ils existent, ils relèvent également
du ministère en charge de la culture.
Théâtres
Compris ici comme lieu ou espace où on donne des représentations
dramatiques ou des spectacles
Nulle part il n’en existe. Néanmoins on trouve à des
degrés divers certaines infrastructures offrant des possibilités
certes limitées, d’y produire des spectacles de toute nature.
Ce sont des centres qui pour certains appartiennent à la commune
mais pour la plupart relèvent des directions préfectorales
de l’action sociale.
Dans tous les cas il s’agit de centres assez sommaires ne disposant
d’aucun équipement technique propice aux spectacles pour
l’éclairage, la sonorisation etc. C’est des salles
nues comme on les appelle où tout doit être apporté
et installé pour les spectacles qui y sont programmées.
Et si la qualité du spectacle peut être plus ou moins garantie,
la qualité technique, elle prend toujours un coup car sa participation
à la réussite d’un spectacle est très importante
(effets des lumières, effets accoustiques, effets spéciaux,
support pour les décors etc.)
Equipements :
Ce sont tous les éléments techniques entrant dans la présentation
des spectacles. L’inexistence de salles de spectacles appropriées,
entraîne de facto leur inexistence. Il s’agit essentiellement
:
Pour la lumière :
* de jeux d’orgue
* De projecteurs
*De poursuites
* Etc.
Pour le son :
De console
D’enceintes accoustiques
De micro
Pour la scène
De rideaux
De coulisses
De loges
Etc.
Pour la salle
De sièges
Aucune commune ne disposant de salle de spectacles adéquate, il
est difficile de trouver ces équipements en déhors des palais
de congrès de Lomé et de Kara et de quelques centres culturels
privés à Lomé.
Groupes artistiques :
Aucune collectivité territoriale n’entretient de groupes
artistiques en déhors de quelques groupes folkloriques qui sont
souvent sollicités pour certaines occasions.
Par groupes artistiques, nous entendons les troupes de théâtre,
les groupes de ballet et les orchestres.
Leur quasi inexistence constitue un sérieux frein pour l’animation
de la vie culturelle dans les communes. Ce qui entraîne une absence
de loisirs. C’est donc la voie ouverte à la prolifération
des viéos club avec tout ce que cela comporte comme la non maîtrise
de la nature des films au programme par les autorités locales.
Conséquence, nos enfants développent des comportements d’insubordination,
de violence et même de penchants déviationnistes incompatibles
avec leur éducation de base, parce que voulant ressembler aux personnages
des films qui deviennent pour eux des héros des modèles.
L’existence de plusieurs groupes artistiques permet d’améliorer
la qualité des prestations artistiques en raison de l’émulation
qui naît alors entre les groupes et fait éclore les talents
qui peuvent se développer plus tard et apporter le bien-être
aux artistes ainsi détectés et qui auraient choisi d’évoluer
dans le domaine artistique.
Les activités culturelles :
On les retrouve à l’état embryonnaire au rudimentaire
sous la forme des séances de tam-tam organisées par les
groupes folkloriques à certaines occasions.
On les trouve également dans la production artisanale (vannerie,
tissage, etc.)
Les fêtes traditionnelles qui sont organisées dans toutes
les Psréfectures et la plupart du temps dans les chefs-lieux de
préfecture constituent également d’autres occasions
pour faire apparaître les activités culturelles du milieu
au plan culinaire, vestimentaire, capillaire ludique etc.
On ne peut pas dire qu’elles existent de façon permanente
en raison de l’absence des groupes artistiques comme nous l’avons
signalé plus haut, exception faite de l’aspect artisanal.
Les Institutions
Au plan national il existe un ministère chargé de la culture
qui navigue depuis sa création « comme appendice des ministères
» de la jeunesse, des sports et des Loisirs, de la Communication,
du Tourisme avec une autonomie précaire de 2003 à 2005.
En effet pour la première fois, il a été crée
un Ministère exclusivement réservé à la Culture
en 2003. Cette exépérience très appréciée
par les praticiens de la culture et les partenaires étrangers n’a
duré que deux ans, puisque en 2005, à ce volet a été
rattaché le tourisme et les loisirs. Et depuis le dernier remaniement
ministériel la culture est de nouveau rattachée à
la communication.
Des services techniques ont été créés pour
animer le département et chargés de la promotion de la culture
dans tous ses aspects.
Il existe aujourd’hui comme services techniques :
La Direction de la Promotion Artistique et Culturelle
La Direction du Livre
La Direction Nationale de la Cinématographie
Le Bureau Togolais du Droit d’Auteur
La Centrale de la Lecture Publique
Le Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC)
Les Directions Régionales
Il existe également un centre de formation en action culturelle
à vocation régionale, le Centre Régional d’Action
Culturelle (CRAC) qui forme les hauts cadres de la Culture
Au plan déconcentré, nous avons les Directions Régionales
de la Culture qui ont également en charge désormais la communication.
Ces directions ont pour vocations de faire la promotion de la culture
à la base. Comme telles, elles devraient pouvoir bénéficier
d’une attention particulière de la part des élus locaux
pour les assiter dans l’animation culturelle des communes.
Au plan local ou décentralisé, il n’existe dans aucune
commune aucune structure chargée de la promotion de la culture,
d’où l’inexistence d’une ligne budgétaire
pour ce faire. Cette ligne budgétaire pourrait cependant exister
dans la rubrique « subvention »
Il est donc important pour les collectivités d’avoir un service
culturel en leur sein non seulement pour la prise en charge de la promotion
de la culture à la base mais également pour offrir des divertissements
sains à la jeunesse.
Cadre juridique
Au plan national
Les articles 12 et 40 et dans une certaine mesure l’article 25 de
la constitution de la 4ème république garantissent aux citoyens
togolais le droit à la culture. Mais dans la réalité
que fait effectivement l’état pour la promotion du droit
à la culture du citoyen ? La question reste posée
Au plan décentralisé
La loi n°2007 - 011 du 13 mars 2007 sur lsa décentralisation
et les libertés locales crée le cadre juridique approprié
pour la promotion de la culture en ses articles 8 et 53 dans son dernier
alinéa qui donne des détails sur l’essentiel de ce
que doit faire une collectivité pour promouvoir la culture.
Si le cadre juridique existe, il faut constater néanmoins que son
application reste encore très timide.
Recommandations
En guise de conclusion de notre communication, nous faisons les recommandations
ci-après :
Créer un service culturel au niveau de chaque collectivité
et animé par un professionnel de la culture. Pour ce faire, on
peut négocier avec le ministère en charge de la culture,
sa mise à disposition, il faudra alors lui payer juste des indemnités.
Cependant il est tout à fait possible que parmi les conseillers
il y ait un professionnel de la culture ; ce serait alors un atout qu’il
faudra exploiter.
Les collectivités peuvent se faire également assister des
hauts cadres de la culture formés au CRAC pour la mise en place
des projets culturels viables.
Recenser les groupes artistiques existants dans la commune, même
à l’état embryonnaire
Faire apprécier leur perfectibilité et leur vitalité
par l’animateur du service culturel avec le concours du Directeur
Régional de la Culture
Mettre en place une ligne budgétaire dans la structure du budget
des collectivités. Cette ligne peut servir à subventionner
certaines activités culturelles initiées par les groupes
du milieu et à financer celle organisées par les collectivités
elles-mêmes.
Comme activités culturelles, les collectivités peuvent initier
et financer :
Des festivals dans tous les domaines artistiques
Des concours littéraires et artistiques dotés de prix
Des résidences d’écriture (romain, théâtre,
cinéma etc.)
Des expositions
Des conférences
Etc.
Bien entendu les collectivités peuvent chercher des financements
auprès d’autres partenaires nationaux ou étrangers
dans le cadre des jumelages.
Dans le domaine des infrastructures un accent particulier dot être
mis sur la construction et l’équipement des salles de spectacles.
Cela constitue un investissement assez intéressant car non seulement
les collectivités peuvent s’en servir, mais elles peuvent
également les mettre en location pour accueillir des spectacles
étrangers au milieu. L’existence de ces salles facilliterait
la délocalisation de certaines productions de Lomé. Ce qui
raviverait l’animation culturelle dans les communes.
Il est important également pour les collectivités d’avoir
un musée et une ou des bibliothèques. Il faudra alors les
construire, les équiper et les animer, les ressources humaines
existent au niveau du ministère en charge de la culture pour leur
animation.
Par ailleur dans la construction de nos villes nous négligeons
très souvent de créer des espèces verts, des jardins
publics, des monuments etc.
Il serait donc bon que dans le développement futur de nos villes
on tienne compte de ces aspects, et c’est maintenant qu’on
doit le penser dans le schéma directeur.
Il faudra également inventorier le patrimoine culturel du milieu
en vue de sa promotion.
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